LDR Medical : la CFDT continue d’alerter des risques sanitaires et économiques de cette fermeture
Reconnue depuis plus de 20 ans, la société LDR Medical basée à Sainte-Savine dans l’Aube (10), est le spécialiste mondial des dispositifs médicaux implantables pour le rachis.
Le CSE, le Syndicat CFDT de la Métallurgie de l’Aube, ainsi que de nombreux salariés concernés par la procédure de licenciement pour motif économique, ont saisi le Tribunal de Châlon en Champagne d’une demande d’annulation de la décision de la DREETS du Grand Est.
L’audience aura lieu jeudi 4 juin à 9h30
De 2016 à 2025, la société a subi des rachats et restructurations autant financières que matérielles en Europe et aux États-Unis.
En octobre 2025, la FGMM-CFDT alertait déjà de l’enjeu sanitaire en cas de fermeture du dernier site médical européen. 62 emplois qualifiés sont en jeu, mais aussi plus de 20 ans d’expertise industrielle française. En juin 2025, après la fermeture de la filiale espagnole, les stocks des filiales européennes rachetés à prix coûtant ont été détruits, grevant ainsi artificiellement les résultats de la société. Les comptes non certifiés, l’augmentation injustifiée des frais généraux, la disparition de produits de redevances ne permettent pas d’appréhender la situation financière de LDR Medical.
Le 17 novembre 2025, la DREETS du Grand Est a adressé une injonction à LDR Medical, lui ordonnant de produire :
• Les éléments sur les évaluations financières des brevets, marques et autres droits de propriété intellectuelle détenus par LDR Medical en France et à l’international.
• Les informations économiques et financières de LDR Medical et du groupe Highridge Medical, ainsi que de l’entité de tête HIG Capital.
• Les informations sur la valorisation des stocks de l’entreprise.
Aucune réponse sincère n’a été communiquée à ce jour, même après présentation du rapport de l’expert de Syndex et une injonction du CSE le 8 décembre.
Les réunions du CSE sont programmées durant les congés ou après, et aucun élément n’est transmis aux élus. Aucune règle de base d’organisation de ces réunions n’est respectée.
La FGMM-CFDT constate, malgré les manquements de LDR Medical, que la DREETS a accepté d’homologuer le document unilatéral qui lui était proposé, par décision du 5 février 2026.
La FGMM-CFDT déplore un nouvel exemple de désindustrialisation de la France dans une zone d’emploi déjà fortement affaiblie.
Le rapatriement de cette activité aux États-Unis engendre le licenciement de salariés dans le cadre d’un plan de sauvegarde principalement financé par la collectivité (CSP, financé par France Travail).
Qu’adviendra-t-il des patients bénéficiant d’implants conçus et commercialisés par la société LDR Medical ? Ces implants et les instruments nécessaires à leur pose et à leur extraction, sont protégés par des brevets dorénavant américains et doivent être certifiés CE pour être utilisés en Europe.
• Qui assurera la traçabilité et le suivi post-implantatoire des patients ?
• Qui détiendra et maintiendra les outils nécessaires à l’explantation ou au remplacement des dispositifs ?
• Qui financera ces opérations et assumera la responsabilité médicale en cas de complications ?
Le CSE a alerté le gouvernement sur deux points essentiels :
• La responsabilité et la sécurité des patients implantés : le groupe Highridge doit apporter des garanties claires sur la maintenance des dispositifs, la disponibilité des outils et la continuité du suivi médical.
• La préservation du service public de santé : le maintien d’une activité en France apparaît comme la seule solution durable pour garantir la traçabilité, la sécurité et la soutenabilité financière du dispositif.

